
À Buell, Pennsylvanie, les hauts-fourneaux sont éteints depuis belle lurette. Ce qui reste des heures glorieuses de la sidérurgie n’est que misère, délabrement, rouille. La somptueuse et sombre nature alentour, les inquiétants paysages de gares de triage désaffectées et d’usines à l’abandon, les bars glauques où des hommes aux abois ruminent leur triste destin, tout suinte le désespoir. A vingt ans, unis par une improbable amitié, le chétif Isaac English et l’athlétique Billy Poe devraient être à l’université, mais aucun n’a quitté sa vallée natale. Tandis qu’Isaac le surdoué s’occupe de son père invalide, Billy l’athlète raté se défoule dans les bagarres… Quand le premier se décide enfin à tenter sa chance ailleurs – avec en poche quatre mille dollars volés à son père -, Billy accepte de faire un bout de route avec lui. Mais un incident les oppose presque aussitôt à des vagabonds, et le drame se noue, mettant à mal toutes les loyautés – amicale, amoureuse, familiale, humaine. Prenant à bras-le-corps de grands mythes américains, Philipp Meyer signe un roman ambitieux et haletant qui saisit magistralement cette Amérique en sursis, celle qui, aujourd’hui plus que jamais, survit dans un renoncement perpétuel à ses propres fondements.
« Premier roman hyper puissant pour les amateurs de lyrisme yankee. C’est ici un roman de classe, dans une Pennsylvanie dévastée par la crise sidérurgique. Amitié, paternité, virilité, deuil de ses rêves par manque d’argent, désolation, beauté littéraire. »
Hubert Artus, Rue89
« Une des plus belles révélations américaines de l’année ! Entre Steinbeck et Faulkner. »
Gérard Collard, La Griffe Noire
« Dès l’abord, on s’attend à un roman populiste. Mais – cela s’appelle littérature – il y a façon et façon d’écrire faits et pensées. Chaque chapitre porte le nom d’un personnage. Et, de l’iun à l’autre, l’auteur nous installe, sans mélodrame ni complaisance, dans un univers évoqué d’un ton qui dit la réalité de tous les Buell du monde. »
Le Monde des Livres

Le passé tenaille les hommes de la famille Mirsky, dont le père, Sol, survivant de la Shoah, a immigré à New York après la guerre.
Des deux fils de Sol, on retient surtout l’effarouchement et le chagrin, omniprésents. Daniel, l’aîné, charismatique jusqu’à l’excès, était promis à un brillant avenir avant d’être happé par la spirale de la drogue et du désenchantement. Nathan, le cadet, porté par une éternelle colère, semble avoir à regret trouvé sa voie dans la médecine. Petit à petit, l’admiration pour le grand frère solaire s’est muée en mépris pour l’ange déchu. Mais Daniel est mort, sans doute assassiné, à l’autre bout des États-Unis. Pour tenter de débrouiller les circonstances de cette disparition et, au-delà, l’échec de leurs deux vies, Nathan part mener sa propre enquête à San Francisco, accompagné, encombré, de Sol, mutique, trop vite persuadé de n’avoir su protéger ses fils des fantômes du passé.
Dans ce premier roman hypnotique et poignant, douloureusement drôle aussi, Ehud Havazelet met subtilement à nu les ressorts de l’incommunicabilité entre les êtres, ces implacables mécanismes qui nous poussent à blesser ceux que nous aimons le plus, pour mieux les blâmer du mal que nous leur faisons.
« Ce requiem pour mal-aimés et mal-aimants est sans doute le grand livre que l’on attendait sur la douleur des enfants de la Shoah, un livre qui, par son éclat noir, éclipse tous les autres. »
Olivier Mony, Sud-Ouest
« Le bouillonnant roman d’Ehud Havazelet frappe à la fois par ses qualités d’écriture, sa compréhension des êtres et sa manière éblouissante d’arriver pourtant à faire surgir la beauté et l’émotion au détour d’une page. Chapeau bas. »
Alexandre Fillon, Livres-Hebdo